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Index des articles > Piret-Magazine n°77 > Homage à Célina Piret

Homage à Célina Piret
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Célina Piret



Marraine est parie comme elle a toujours vécu ... sur la pointe des pieds.
Comme elle le répétait souvent : “Les choses s’arrangent toujours ; si elles ne s’arrangent pas bien, elles s’arrangent mal...
La force de marraine était de pouvoir, envers et contre tout, transformer le mal en bien.

Frédéric

 

Chacun trouve un moyen personnel de dire au revoir à celle ou celui qui est parti. Prononcer un discours en son honneur est un hommage très touchant. Mais choisir les mots exprimant son émotion et son respect est très dificile. Les premiers mots qui me viennent à l’esprit sont ceux d’une grand-mère à l’écoute de tout le monde, ne faisant aucune différence entre chacun de nous. Avec elle, on se sentait toujours important dans n’importe quelle situation.
Il y a tellement de choses pour lesquelles j’aimerais te remercier, mais une chose est sûre, je ne pouvais rien te demander de plus... Tu as été une grand-mère géniale !

Stephen

 

Marraine, tu étais à la fois Marthe et Marie. Non pas l’une contre l’autre, comme beaucoup de commentaires de ce passage d’évangile le soulignent trop. Non, Marthe et Marie ensemble.
Il y avait tout ce que tu faisais, bien sûr, comme Marthe, c’est évident, ça sautait aux yeux. Une vie de travail extrêmement bien remplie. Mais sans le côté revendicateur de Marthe, car tu laissais à oncle Joseph, à tes enfants et à moi-même la liberté et le temps d’être ce que nous étions. Nous pouvions faire comme Marie : choisir notre meilleure part. Etre avant de faire. Moi, j’aimais bien rêver, et tu étais complice de mes rêveries et de mon imagination.
Et tu étais en même temps Marie. Ce n’était pas visible au premier abord, c’est plus secret. Tu étais Marie, celle qui est attentive, celle qui est à l’écoute. Tu n’étais pas accaparée par les tâches : même au milieu des casseroles, tu avais l’art d’écouter. Mais tu savais aussi t’arrêter pour prêter l’oreille et surtout, tu avais l’art de faire raconter. Pour féliciter et encourager : “mais c’est formidable !”. Tu savais nous faire sentir quelle était notre bonne part, ce qui nous faisait exister. Je me souviens lors de mes visites du va et vient de tes petits enfants venant de la ferme ou de la champignonière, et les autres venant de plus loin. Tout un art de mettre au monde par un sourire, par une parole, et par un sens de l’humour qui permettait de prendre la vraie mesure des choses et de remettre chaque chose à sa place. Dans tes yeux rieurs, on voyait si on était “dans le bon”, si on était juste ...
Comme Marie de l’évangile, tu avais choisi ta part, tu n’aurais pas échangé ta vie contre deux autres. Tu étais toi-même, vraie, bien dans ta peau, tirant le meilleur de ce que la vie t’apportait. C’est cela la “bonne” part dont parle l’Evangile : cette capacité d’être et de fleurir là où l’on est planté. Heureuse celle qui a compris ce secret : fleurir là où l’on est planté.

J’aimerais redire cela avec une petite parabole. À Lillois, dans le jardin, il y avait une série de cerisiers du nord, contre le mur de la maison, un endroit toujours à l’ombre. Et bien que le soleil fut chiche, ces cerisiers produisaient beaucoup de fruits d’un beau rouge vif qui donnaient envie. Marraine, tu n’as pas eu toujours le plein soleil dans ta vie, mais tu as toujours donné de beaux fruits rouges.
On en faisait des tartes. Je ne pouvais guère t’aider à la cuisine, ou pour les immenses mannes de repassage, mais pour les cerises, là oui. C’est une tâche que nous avons faite ensemble, autour de la table : enlever les noyaux des cerises avec une épingle de sûreté, puis les ranger cercle par cercle jusqu’à la dernière, au centre. Tout un art, qui demande de la patience, une sorte de mandala qui concentre l’attention. Ces tartes aux cerises étaient incomparables. D’abord elles étaient belles, et puis elles étaient bonnes. Les cerises acides devenaient un délice, elles étaient sublimées.
Voilà. Ces cerisiers et ces tartes sont pour moi une image de ta vie. Tu as su offrir le meilleur de toi-même avec la terre et le soleil qui t’étaient donnés. Et avec des fruits acides, tu transformais les peines, tu savais les adoucir, tu créais des moments de fête, et tu donnais un goût incomparable à la vie.
C’est une parabole, car c’est ce que faisait Jésus : écouter, regarder, soulager les souffrances, soigner les esprits, faire raconter ce qui ne va pas, apporter de la joie dans les situations difficiles, donner de l’espérance et de la confiance, et finalement changer la vie.
Comme prêtre, je voudrais bien faire aussi bien que marraine avec ses tartes. Je prends du pain et du vin, je sais que c’est la vie et le travail des hommes, et je dis des paroles : c’est le corps et le sang du christ. Quelques mots qui changent tout, qui transforment tout, pour ceux qui ont assez le sens de la poésie et des mots pour y croire. Mais quand on y croit, on voit la vie et on vit autrement.
Marraine, pour tes tartes et puis surtout pour ta complicité, encore merci !

Jean-François
Homélie du 17 octobre 2008

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