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Index des articles > Piret-Magazine n°52 > Les charmes de Lucilia caesar

Les charmes de Lucilia caesar
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Les charmes de Lucilia caesar


Alan Fauconnier, chercheur en microbiologie, veut susciter des vocations scientifiques. Sa passion pour la recherche se double d’une fibre pédagogique. Il a fondé « Nivelles Laboratoires », où il accueille des groupes d’élèves pour des expériences passionnantes. Après cela, vous regarderez les mouches vertes et les microbes avec sympathie, admiration, voire reconnaissance.

Des enfants de 8 à 12 ans courent dans la nature de juillet en pleine explosion de vie, avec un sachet en plastic pour capturer des mouches. Ils arrivent rapidement à distinguer Lucilia caesar, la belle mouche verte, des autres mouches qui bourdonnent.

Revenus au laboratoire de fortune, un abri de barbecue, ils dissèquent la mouche pour trouver, dans son intestin, un trypanosome, lequel contient un autre organisme vivant, une bactérie endosymbiotique. C’est à la fois chacun des organismes et leur association qui intéresse Alan et les petits scientifiques. En effet, les trypanosomes et les mouches vecteurs sont tristement célèbres pour leur implication dans la maladie du sommeil en Afrique. Quand à la bactérie symbiotique, elle ressemble étrangement au germe de la coqueluche. Mais dans le modèle étudié à Nivelles, pas de risques, c’est inoffensif. Par contre, on espère comprendre certains fonctionnements en rapport avec chacune de ces maladies.

Pas cette fois-ci, car la lumière des lampes de poche ne suffit pas pour l’observation au microscope. En attendant, les enfants se seront amusés, auront satisfait leur esprit curieux, et posé mille questions pertinentes. La science procède par essais et erreurs.

La deuxième fois, en travaillant dans un vrai laboratoire, Laurane et Maxime, 12 ans, ont réussi à isoler les fameuses bestioles, et tout le monde a pu les observer. Maintenant, Alan pense qu’il faut cet âge pour mener à bien cette expérience.

En bonne santé avec ses microbes préférés

L’idée trottait depuis longtemps dans sa tête : donner aux petits et aux grands la passion et le respect du vivant, changer leur vision des choses, par exemple, comprendre l’utilité de bactéries ou de levures. Ainsi, à propos de la mouche verte, il évoque la « maggots therapy », l’utilisation d’asticots qui mangent -et peut-être « soignent » - les tissus nécrosés de certaines plaies. Il a fondé une petite association destinée à susciter des vocations scientifiques orientées vers la microbiologie. Son slogan : « Cent mille fois plus de microbes sur un humain en bonne santé… que d’hommes sur la Terre ! ».




Son nom : « Nivelles Laboratoires », parce qu’il a pu bénéficier de locaux appartenant à l’Université Libre de Bruxelles situés à Nivelles.

Cette mini entreprise propose aux écoles primaires et secondaires des modules d’animation scientifique. C’est Caroline qui les prépare et les présente. Le module s’étale en deux séances, la première pour présenter et réaliser l’expérience, la seconde pour examiner et commenter les résultats. Pour les écoles primaires, Caroline se déplace. Elle utilise les boîtes de Pétri pour montrer que les microbes sont omniprésents dans la vie de tous les jours, et interviennent dans les domaines de la santé et de l’alimentation. Une boîte de Pétri est formée de deux pièces de verre qui s’emboîtent. L’une d’elles est garnie d’une gélatine qui est un milieu nourrissant pour les bactéries.

Les enfants y frottent leurs doigts, ou bien y déposent les microbes récoltés en frottant un coton tige dans la bouche, le nez et les oreilles. Une semaine plus tard, ils découvriront les colonies de microbes qui pullulent avec des couleurs et des formes différentes, que les enfants décrivent avec un luxe de vocabulaire. Ils voient aussi que rien n’apparaît là où ils ont passé leurs doigts après les avoir aseptisés dans l’alcool, ou encore là où ils ont placé des pastilles d’antibiotiques, qui ont empêché le développement tout autour d’eux. Ils découvrent ainsi les bienfaits de l’hygiène et l’efficacité des antibiotiques. Mais on leur explique aussi que des millions de microbes sont inoffensifs et vivent en bonne entente avec l’organisme humain, et que chaque individu a « ses préférences ». Ils apprennent aussi que certains peuvent être profitables, comme les levures pour le pain, la bière, les bactéries pour les yoghourts ou les moisissures pour les fromages…

L’ADN, un livre de recettes, les gènes, pour fabriquer du vivant

Pour les élèves de l’enseignement secondaire, la première séance du module doit se faire au laboratoire, qui peut accueillir environ 15 élèves. Alan a imaginé une manipulation qui les fait entrer d’emblée dans la problématique très actuelle des fameux OGMs : les élèves transforment une bactérie en y introduisant une « recette de fabrication », à savoir un morceau d’ADN recueilli dans un autre organisme. Il a choisi pour cela un gène appartenant à une méduse qui fabrique une protéine fluorescente tout à fait inoffensive pour l’homme, bio-sécurité oblige. Les bactéries qui ont accepté ce gène se sont multipliées en utilisant la recette et apparaissent fluo lorsqu’on les passe devant une lumière mauve. La séance est l’occasion de développer les connaissances en génétique.

La société vient d’engager une seconde personne, Han, grâce à qui on peut maintenant envisager un nouveau programme destiné à une formation professionnelle pour demandeurs d’emplois. Un back-ground technique minimum sera requis pour les candidats, mais l’industrie pharmaceutique embauche, et l’utilité d’un stage de ce genre est évidente. Ici aussi, Alan cherche à relier l’expérience à des questions qui peuvent passionner le grand public. Au point de départ, les analyses d’ADN de Bryan Sykes sur des squelettes fossiles qui permettent d’affirmer que 90 % de la population européenne descend de 7 femmes, qu’il appelle les 7 filles d’Eve. Les analyses d’ADN viennent au secours de la généalogie, ou apportent des indices supplémentaires, parfois probants, pour résoudre certaines énigmes qui passionnent le grand public, comme l’origine des populations polynésiennes, ou encore l’identification de cadavres que l’on pense être ceux des Romanov assassinés lors de la révolution russe. A partir d’un cheveu, les apprentis chercheurs pourront déterminer de quelle femme ancêtre ils descendent, et se relier à un groupe humain.

Pour tester les « progrès » scientifiques des élèves, Alan et Caroline ont mis au point un questionnaire auquel les petits comme les grands sont invité à répondre avant et après les animations. Si l’on trouve énormément de réponses fantaisistes, et même comiques, avant les séances, après les expériences et les débats suscités, on obtient 80 % de réponses pertinentes, qui montrent comment les connaissances, mais aussi l’esprit scientifique ont progressé. Pour les aînés, qui connaissent parfois déjà la théorie, le travail concret permet de mieux dominer le sujet et les enjeux, et de se familiariser avec la manipulation des pipettes et autres instruments.

Une entreprise fort opportune

L’initiative d’Alan rencontre une préoccupation du moment et s’insère dans un vide : les responsables politiques de la recherche scientifique et les universités constatent une désaffection des jeunes pour les matières scientifiques, il manque des élèves universitaires dans ces matières. Des initiatives ont été prises pour susciter des vocations, mais celles orientées vers la microbiologie et les biotechnologies sont rares. C’est pourquoi la création de « Nivelles Laboratoire » a reçu le soutien de la Direction générale des Technologies, de la Recherche et de l’Energie du Ministère de la Région Wallonne qui accorde des subsides.

Tout cela demande de l’énergie, car il n’y a pas que le volet pédagogique et scientifique : il y a le côté administratif, plutôt lourd, les relations avec le monde scientifique, la recherche de partenaires dans l’espoir d’accéder aux projets financés par l’Union européenne, et de temps en temps une exposition ou une conférence pour se faire connaître et être pris au sérieux par le monde académique.

Qui peut bénéficier des animations ? Un jeune hésitant à s’engager dans la voie de la microbiologie a passé du temps au laboratoire avant de se décider. Les écoles sont les premières bénéficiaires et demandeuses, mais pourquoi pas une « journée sciences » en famille ? Pourvu qu’Alan ou Caroline soient libres et disponibles, car ils ont tous les deux une famille nombreuse qui est leur autre et passionnant « laboratoire » du vivant.

Jean-François Meurs


Pour en savoir plus, visitez le site Internet : URL : http://users.swing.be/nivelles.laboratoires/

Nivelles Laboratoires, siège social (Alan Fauconnier), Allée du Pré au Lait, 22, 1400, Nivelles, ++32 (0)67 88.94.22, e-mail : nivelles.laboratoire@swing.be

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