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Index des articles > Piret-Magazine n°93 > Isabelle, la “plus que vive”

Isabelle, la “plus que vive”
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Isabelle, la “plus que vive”

Isabelle De Smet
16 août 1979 – 28 septembre 2012
Epouse de Laurent Wéry

Mot d’accueil

Dimanche soir, après la prière d’amitié où plusieurs ont évoqué Isabelle, on nous a proposé un geste symbolique : envoyer dans le ciel, des petites montgolfières en papier de soie blanc. Durant de longues minutes, nous sommes restés à scruter le ciel jusqu’à ce que nos yeux humains ne puissent plus voir la douzaine de petites bulles confiés au vent. Nous ne pouvions plus les voir, mais nous savions qu’ils continuaient leur voyage. Belle image de la foi et de l’espérance : quand on ne voit plus, on sait que ce n’est pas fini ... C’était apaisant.

Quelques flammes ont suffit pour donner aux montgolfières assez de légèreté pour commencer leur ascension et partir en voyage. Je pense au feu qui habitait Isabelle et qui la portait, bien visible, partout où elle est passée, car elle avait l’art de s’élever pour entraîner tout le monde.

C’est un beau symbole de ce que nous allons faire ensemble ici dans cette église où elle était venue promettre un “oui” fécond à Laurent, il y a environ douze ans : nous allons donner notre prière comme une flamme, afin de confier Isabelle à la douceur et à l’infini de Dieu, pour un voyage dont nous ne connaissons pas la fin, mais nous faisons confiance au Seigneur de nos vies, c’est notre acte de foi : que Dieu l’accueille, dans un monde léger, plein de douceur et de tendresse, dans un ciel bleu et lumineux pareil à ce grand sourire perpétuel qui était si caractéristique d’Isabelle.

Homélie

Isabelle, tu étais douée pour la vie. Je t’appellerai “la vivante”, ou, comme l’écrit Christian bobin à propos de son épouse partie brusquement très jeune : “La plus que vive”.

Ce qui m’a frappé dimanche, quand Laurent et ses proches se sont mis à me parler d’Isabelle, c’est la détente qui adoucissait leur visage, la lumière qui venait dans leurs yeux, l’expression de chagrin faisant place à l’apaisement et à la joie. Vous m’en avez parlé comme d’une vivante, une “plus que vive” qui a fait honneur à la vie. Merci de ma part et de la part de Dieu.

Tu étais douée pour l’amitié. Tu pensais aux autres avant toi-même. Certains disent que tu étais plus qu’une amie : une soeur. Tu étais un esprit rassembleur. Tu adorais voir ta famille unie autour d’une table qui, avec presque rien, devenait comme par magie une véritable table de fête. Une table créative, largement ouverte aux proches et aux amis. Tu avais une passion pour le tiramisu ! Tant pis pour la morale et la théologie ancienne qui voulaient que la gourmandise soit un péché capital. Ou plutôt tant meux ! Si manger est un chemin vers l’amitié et la joie, alors un repas est un acte spirituel et un chemin de sainteté. Tu avais raison d’aimer à table ouverte. Jésus lui aussi aimait s’inviter aux banquets, et si on l’invitait volontiers, c’est qu’il devait être un merveilleux invité. Isabelle, sans le savoir, tu as accueilli plus d’une fois ce convive mystérieux et discret !

Tu étais très fort toi-même. Simple et vraie, sans détours. Tu ne manquais pas tes rendez-vous, car tu était tout entière présente dans tes rencontres.

Tu étais douée pour l’action, toujours pleine de projets. Rien ne semblait trop difficile pour toi, et tu avais l’optimisme solide qui va avec. Quelle confiance, quelle capacité aussi de persuasion pour faire entrer Laurent, les enfants, et les autres dans tes vues, dans tes désirs. Quelle détermination aussi une fois que les choses étaient réfléchies ! Les difficultés de l’entreprise ne t’arrêtaient pas, elles t’incitaient plutôt à redoubler d’énergie. Tu étais une battante, et tu t’es battue contre la maladie avec une force inouie. Tu étais tenace. Alexandre a soufflé : têtue  ! Approuvé par le sourire de Laurent et des autres...

Tu étais tout entière dans l’action, avec toi, pas de demi mesure. Du coup, tu poussais les gens à se dépasser, tu les encourageais à déterrer leurs talents, à oser. Je pense à ce texte de Nelson Mandela, prononcé le jour de son investiture comme président d’Afrique du Sud où il voulait persuader chacun qu’il est talentueux puisque nous sommes tous des enfants de Dieu. Et Isabelle était talentueuse, on voyait bien qu’elle était une enfant de Dieu. Nelson Mandela disait :

“Nous sommes nés pour rendre manifeste la gloire de Dieu qui est en nous. Cette gloire ne se trouve pas seulement chez quelques élus : elle est en chacun de nous. Se restreindre, vivre petit, ne rend pas service au monde. L’illumination n’est pas de se rétrécir pour éviter d’insécuriser les autres. Mais au fur et à mesure que nous laissons briller notre propre lumière, nous donnons inconsciemment aux autres la permission de faire de même.”

Voilà pourquoi ce n’est pas manquer de modestie que de mettre Isabelle en évidence sur la montagne ou comme une lumière sur le lampadaire : elle nous rappelle qu’il y a du divin en nous, et elle nous incite à le montrer pour le bien de tous.

Isabelle, tu était douée pour la joie. Tu aimais danser, danser dans ta vie, danser la vie. En faire un feu d’artifice. Avec ta pincée de sel, la vie était savoureuse. Or, la joie et la sainteté sont la même chose. Christian Bobin dit que “la sainteté, c’est la joie. Elle est le fond de tout... Dire de quelqu’un qu’il est saint, c’est simplement dire qu’il s’est révélé, par sa vie, un merveilleux conducteur de joie – comme on dit d’un métal qu’il est bon conducteur quand il laisse passer la chaleur sans perte ou presque, comme on dit d’une mère qu’elle est une bonne mère quand elle laisse la fatigue la dévorer sans reste, ou presque”.

Isabelle, ce qu’il reste de toi, et que nous allons semer en terre, est peu de chose à côté de tout ce que tu as fait passer à travers toi et donné, et qui ne pourra être arraché à ceux qui l’ont reçu. Merci Isabelle, d’avoir si bien laissé passer à travers toi tout l’amour que Dieu a mis en toi.

Jean-François Meurs

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