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Index des articles > Piret-Magazine n°106 > Maria TAMIGNEAUX et Edgard HANNE

Maria TAMIGNEAUX et Edgard HANNE
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Maria TAMIGNEAUX et Edgard HANNE

Maria TAMIGNEAUX, fille de Ferdinand et Elisa (dite Célina) MOSSELMAN, née à Nivelles le 8 juillet 1879, décédée accidentellement à Bruxelles le 5 janvier 1947. Elle épouse à Nivelles le 23 août 1904 Edgard HANNE, né à Nivelles le 25 avril 1876, y décédé le 26 octobre 1971, négociant, fils d’Adrien Hanne (1) et de Joséphine LEJOUR, négociante. Dont : 

  1. Joseph, né à Nivelles le 9 mars 1906, y décédé le 1er août 1937, électricien. Sans alliance.
  2. Elisabeth, née à Nivelles le 26 juin 1908, y décédée le 18 mars 1993, infirmière sociale. Sans alliance.
  3. Jacques, né à Nivelles le 15 février 1910, décédé à Louvain le 16 mars 1971. Négociant en quincaillerie. Sans alliance.

 

Famille Hanne

 

La tante Maria était fine cuisinière. Elle l’était sans doute devenue au contact de la maman de l’oncle Edgard avec qui ils ont vécu au début de leur mariage, et qui était cuisinière de métier. Le samedi, comme il y avait beaucoup de travail au magasin - les clients faisaient la file -, tante Maria allait donner un coup de main.

Le dimanche, tante Maria et l’oncle Edgard faisaient leur promenade. On les voyait souvent arriver à Baulers, à la ferme de Dinant, chez sa sœur Julia et les Piret. Ils causaient en wallon et jouaient aux cartes.

MariaMaria 

 

 

L’oncle Edgard Hanne fut d’abord employé d’usine. Il devint ensuite représentant de commerce pour la famille Hecq, qui tenait le magasin de quincaillerie anciennement Semal, sur la grand place. Lors du retour de l’exode de 1940, les familles Hanne et Piret avaient abouti chez l’oncle Joseph Taminiaux à Boussu. Les deux familles sont rentrées ensemble, et l’oncle Edgard les a guidés par Masnuy-St-Jean et autres petites routes à travers les villages qu’il connaissait pour y avoir démarché.

En 1924, le quincaillier Edgard Hanne se trouve sur la place de Lalieux (2). Maman raconte que les Piret se donnaient rendez-vous chez la tante Maria et l’oncle Edgard le samedi, à la fin du marché, après avoir chacun fait leurs achats de leur côté. Ils y laissaient le cheval et la carriole.

L’oncle Edgard a repris la succession du grand magasin Semal, sur la grand-place, après le couple Adolphe Hecq-Francotte. On y vendait des poêles et des articles pour maréchal ferrant (3). La photo où l’on voit, à l’avant-plan, Jacques tenant la bride d’un cheval a été prise « devant notre maison », précisait Elisabeth.

Jacques devant le magasin

En 1940, au moment du bombardement, Tante Maria et l’oncle Edgard habitaient sur la Grand Place, « au fond », une maison sur le coin. Elle allait jusqu’à la rue de la tranquillité. Il y avait successivement : le magasin, avec l’appartement au-dessus, une verrière remplie de marchandises, un arrière-magasin servant de dépôt, un jardinet, et enfin une remise (ancienne étable ?) qui servait de réserve au gros matériel. L’arrière magasin a reçu une torpille qui a provoqué un incendie, la verrière a volé en éclats sous l’effet de la chaleur, tante Maria a été blessée par des morceaux de verre. L’appartement a brûlé par bombes au phosphore. Le remise de la rue de la Tranquillité est restée intacte (4).

Oncle Edgard a été opéré deux fois de granulomes à la gorge, et c’est le 2e fois qu’il a perdu l’usage des cordes vocales. Il ne prononçait plus que les bruits des consonnes, sans vibration sonore, et bien entendu sans les voyelles. Il fallait faire très attention pour le comprendre, et surtout, le silence que l’on faisait autour de lui pour bien entendre rendait fort impressionnant l’éclat des « p » et des « t » ou le sifflement des « s ».

Ces opérations ont eu lieu pendant la guerre. La 1ère fois, il a logé chez Elizabeth qui était infirmière à Bruxelles et qui y avait son appartement. C’est en allant en visite la seconde fois que tante Maria est tombée du tram – il n’y avait pas de porte -, soit qu’elle ait eu un malaise, soit qu’elle ait été bousculée. Sa tête a heurté le sol et elle est morte sur place. 

L’oncle Edgard figure parmi les sept fondateurs de la société « Cercle Apicole de Nivelles et environs » fondée le 14 janvier 1924. Elle a été dissoute le 15 novembre 1959 pour être re-nommée « La Ruche Nivelloise » le 21 février 1960. On le voit sur une photo de 1925 : il est le septième personnage debout à partir de la gauche. Il habitait déjà la grand place, semble-t-il (5).

 

Jacques Hanne

L’Oncle Edgard et Tante Maria étaient très accueillants. Il régnait toutefois une atmosphère un peu rigide, feutrée. « Chez l’oncle Edgard, on était très strict sur les règles de la table. Par exemple, on coupait sa viande avec le couteau, mais pas les pommes de terre, que l’on devait couper avec sa fourchette » (5). La maison sur la grand-place était envahie le jour du carnaval, que l’on avait la chance de voir défiler le cortège depuis le balcon, à l’étage. On était aux premières loges pour le rondeau final.

 

Joseph, le fils aîné, a fait l’athénée et étudié l’électricité. C’est pour lui, disent les cousines Piret, que les parents avaient repris le commerce de quincaillerie sur la Grand-Place. Il souffrait d’épilepsie. Il est mort à 33 ans de pneumonie. Il avait la réputation de « sorteur ».

Joseph

Elizabeth a d’abord travaillé au magasin, et elle a repris ses études d’infirmière quand elle avait 27-28 ans. Elle a travaillé d’abord à la clinique Edith Cavell à Bruxelles, puis comme infirmière sociale aux entreprises François, à Bruxelles.

Elisabeth

Elle a quitté la maison de la grand-place pour habiter à Monstreux, au 8, rue du Ri-Corbeau. Aussitôt sa maison devint un lieu de rencontre. Toujours simple et fort joviale, elle était accueillante et confiante. Elle recevait tout le monde, des enfants, des personnes âgées, des isolés. Elle a hébergé des détenus sortis de la prison de Nivelles. C’est chez elle aussi que se célébra l’eucharistie du dimanche pendant les années où l’église du village a été en restauration. Après la messe, elle offrait le café, coutume qui fut continuée quand la communauté chrétienne a pu retourner à l’église joliment refaite.

Elle allait partout avec sa voiture pour rendre des services aux uns et aux autres. Transporter des malades ou des petits colis, porter les repas à domicile, visiter les malades et faire les piqûres, faire la catéchèse aux enfants de Monstreux, démarcher pour des opérations humanitaires. Elle mit une partie de sa maison à la disposition des permanences de la mutuelle, ainsi qu’un bureau de chômage (6).

Elle était restée jeune de caractère, par sa joie de vivre et son humour, mais surtout par sa grande ouverture d’esprit. Elle avait un dynamisme à vous couper le souffle.

 

Jacques a travaillé un an ou deux en Flandres, à Gand, pour apprendre le flamand. Jeune, il jouait à la balle pelote. Il avait beaucoup d’amis aclots. Il a repris le commerce de quincaillerie, d’abord avec son père, puis seul. Il n’a jamais aimé le magasin.

Lors du bombardement de mai 1940, Jacques s’est démené pour éteindre les incendies. Il est monté dans des greniers pour ramasser avec une pelle des bombes au phosphore et les jeter sur la rue.

Il est devenu membre de l’Armée Secrète depuis le 15 octobre 1941 jusqu’au 14 octobre 1944, 3e compagnie, commandant Lombard. Il y est entré par son ami André Delestienne. Comme le disait Elisabeth, tous ses amis étaient jeunes, pleins de fougue, il fallait se remonter le moral, ils étaient tous tentés de faire de la résistance. Elle même ne savait rien, car Jacques ne racontait pas, mais elle devinait, en le voyant sortir tous les soirs (7).

Il était présent au Bon Dieu qui croque lors du parachutage des armes qui furent cachées au château de Baudémont, action menée en lien avec la résistance d’Arquennes ; les cousins Tamigneaux étaient aussi dans le coup. Il a fait partie de l’équipe qui se laissa enfermer dans la collégiale, et qui alla accrocher un drapeau belge à « Djan de Nivèles », le Jacquemart, en haut de sa tour, le 10 novembre 1943. Après l’affaire de Baudémont et les arrestations qui suivirent, il se réfugia d’abord chez une cousine de son père à Boitsfort, puis chez l’oncle Adelson Janquart et tante Marie-Madeleine Piret à Fleurus. Il prit une part active aux patrouilles de la libération.

 

Notes :

  1. Adrien HANNE décédé à Nivelles le 6 septembre 1887.
  2. Cf. Jean Van Den Dries, « Nivelles à la sueur de ton front… », p. 121.
  3. « Dans sa maison de la Grand-Place (17) à l’enseigne impressionnante Aux Forges de Vulcain, Arhur Semal vend certes des poêles mais aussi des articles pour maréchaux le 20 juin 1886. Ses successeurs seront Adolphe Hecq-Francotte (au moins entre le 3 mai 1912 et le 31 mars 1930) puis Edgard Hanne-Tamigneaux. Cf. Jean Van Den Dries, « Nivelles à la sueur de ton front… » p. 143-144
  4. Explications de Marie-Louise Piret.
  5. L’oncle Edgard figure dans la liste des membres du Cercle Apicole de Nivelles et environs, en 1925, publiée dans le Rif Tout Dju n° 426 de décembre 2001, page 25.
  6. « A Monstreux, le dispensaire se situait, de nombreuses années durant, chez Melle HANNE, infirmière archi connue de tout Nivelles et plus encore, dont la maison se situait pratiquement au croisement de la rue Boulvint et du bout de la placette du village, en face de l’ancienne cure. » : cf. Rif tout dju de novembre-décembre 2013, p. 25.
  7. Marie Louise Piret dit qu’il était fiancé pendant la guerre, mais comme il sortait tous les soirs et qu’elle ne pouvait rien savoir, la jeune fille, jalouse, a rompu

 

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