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Index des articles > Piret-Magazine n°68 > Les « Pilum Piku » du Burkina

Les « Pilum Piku » du Burkina
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Les « Pilum Piku » du Burkina

Anton Loriaux a passé 3 semaines au Burkina Faso, « le pays des hommes intègres », pour un projet d’animation avec de jeunes enfants. Pour faire naître des petits griots heureux faisant du théâtre… Apprentissage, conversions, échanges interculturels. Bilan du séjour : il est résolu à y retourner avec un nouveau projet !

Nous étions 5 étudiants de 19-20 ans, et le voyage s’est déroulé du 3 au 24 juillet, à quoi il faut ajouter les trois jours de retard de l’avion au voyage retour : nous étions bel et bien en Afrique !

Nous avons travaillé en collaboration avec une école bilingue, moré-français, du secteur 9 de la ville de Koudougou. Le directeur, Pascal Kafando, nous accueillait dans sa maison pour toute la durée de notre séjour. Les instituteurs sont venus nous chercher à l’aéroport de Ouagadougou avec une camionnette que nous avions loué à une entreprise de production de miel. Le trajet jusqu’à Koudougou, troisième ville du pays, à l’Ouest de la capitale, dure trois heures.

Les deux premiers jours furent mis à profit pour préparer les deux semaines : pour faire connaissance avec les instituteurs, le climat… et les moustiques. Pour acheter aussi 40 kg de riz, 45 kg de pâtés, 30 kg de poisson et une vingtaine de poulets !

Durant les deux semaines, nous avons accueilli dans les locaux de l’école deux fois 40 enfants de 8 à 14 ans, chaque groupe pour une semaine. Le premier jour fut très stressant, car il est difficile d’entrer en contact avec ces enfants. De plus, trois d’entre nous n’avaient aucune expérience d’activités avec des enfants ; les deux autres n’étaient d’ailleurs pas plus avancés, car la différence de culture entre les enfants africains et les européens est énorme. Heureusement, les instituteurs nous aidaient et nous ont guidés, car seuls, nous n’y serions jamais arrivés.

Nous avons monté des petites pièces de théâtre que nous travaillions chaque après-midi. Pour la première semaine, les enfants répartis en petits groupes venaient pêcher dans un chapeau la situation initiale, un élément déclencheur, un personnage, et un trait de caractère. À partir de là, ils devaient inventer une petite histoire. Le but étant de présenter la pièce le dernier jour de la semaine devant les parents.

Ce que nous ne savions pas, c’est que les enfants ne sont absolument pas habitués à s’exprimer, à inventer, ni même à concevoir quelque chose de fantastique ou de surnaturel. Pourquoi une poule parlerait-elle ? Les instituteurs nous alors on expliqué qu’ils ne laissaient aucune place à la créativité durant les classes, et que dans les familles, les enfants ne sont pas autorisés à s’exprimer, du moins devant leurs parents. Et pour corser le tout, certains ne parlaient pas très bien français, d’où un très fort complexe d’infériorité face à nous et à leurs camarades.

Heureusement, tout a fini par se « dérouiller » un peu et les pièces furent des succès. Les enfants étaient fiers de jouer devant leurs parents, et ceux-ci étaient stupéfaits de découvrir leur enfant qui s’exprimait, et surtout qui les faisait rire. À la fin du spectacle, nous avons offert un verre à tout le monde. Que de gratitude nous avons reçu de la part des parents !

La deuxième semaine, les enfants devaient inventer la suite d’un conte de chez nous, comme « le Petit Chaperon Rouge » ou d’une fable comme « le Rat et le Lion ». Les histoires furent des régals. Dans mon groupe, les enfants qui inventaient la suite de l’histoire du « Petit Poucet » se révoltaient contre leurs parents.

Les journées étaient parsemées de petits jeux d’approche, de chants et de grands jeux. Nous les avons également emmenés en excursion à Ziniaré dans un parc animalier et à Laongo, dans une exposition de sculptures sur granit en pleine savane. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les enfants ne connaissaient ni les éléphants, ni les zèbres ou autres spécimen de la faune subsaharienne : comme dans nos régions, les villes et la surpopulation ont fait disparaître les espèces animales indigènes.

Pour nous rendre au parc, nous sommes passés par Ouagadougou, la capitale. Pour les enfants, voir les bâtiments publics, par exemple l’assemblée nationale, est une source de prestige. Toutes ces choses, la majorité d’entre eux ne les reverront plus, et leurs parents ne les ont jamais vues !

Que de bonheurs et d’apprentissages avec les enfants ! Et avec les instituteurs, nous avons discuté longuement des échanges nord/sud, de la place de la femme, de la dictature, de l’économie, des mœurs et de mille autres choses. Je crois que notre vision est désormais changée pour toujours.

Dans les derniers jours, nous sommes allés acheter des livres scolaires pour l’école, avec l’argent qui nous restait. Car les classes ne possèdent qu’un ou deux exemplaires des livres dont ils ont besoin, ce qui entraîne une perte de temps énorme, puisque l’instituteur doit tout récrire au tableau. Dorénavant, il y aura un livre pour deux enfants.

Nous avons rapporté des centaines de photos et, plus précieux encore, des heures d’enregistrement sonore. Nous essaierons d’en faire une petite émission radiophonique.

Nous avons déjà décidé de refaire le projet dans deux ans, et de monter une petite a.s.b.l. Ce ne sera plus « Les Griots », nom qui n’a pas grand chose à voir avec le projet, mais « Pilum piku » qui signifie « Papillon » en langue moré.

Anton








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