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Index des articles > Piret-Magazine n°70 > Les Tamineau, une tradition de meuniers

Les Tamineau, une tradition de meuniers
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Les Tamineau

Une tradition de meuniers

René Goffin, dans ses « Généalogies nivelloises » (*1), signale que les Tamineau de Ronquières ont porté « armes » ou blason :

De gueules à trois fasces d’or ; au chef du même, chargé d’un corbeau de sable (*2)

Que signifie le fait de porter blason ? Peut-être pas grand chose, sauf qu’il s’agissait d’une famille importante, par ses revenus, et par les charges publiques (échevins, mayeurs, etc.). Et de fait, les Tamineau ont une longue tradition comme meuniers à Ronquières et dans les environs : 200 ans et plus. Or, pour être meunier, il fallait pouvoir investir et avoir les reins solides. Un des indices de cette importance est la pierre tombale de Denis Tamineau qui est maintenant encastrée dans le mur de soutènement du tertre sur lequel l’église est bâtie.

Monsieur l’abbé Jous, curé d’Ecaussinnes et chercheur en généalogie et histoire locale, examine les comptes de la Seigneurie d’Henripont (*3). Il relève, en ce qui concerne le moulin de Combreuil, situé aux confins des trois communes d’Henripont, Ecaussinnes et Ronquières (non loin du Plan incliné), une série de noms :

  1. Jehan Taminiau, cité en 1487
  2. Un autre Jehan Taminiau, ou le même, cité en 1520
  3. Englebin Thaminiau, cité en 1514 et de 1531 à 1538
  4. Renaud Taminiau, cité en 1530
  5. Amand Thamineau, cité en 1540, meunier à Henripont
  6. Christophe Taminiau, cité en 1590 et 1593. On le retrouve également meunier des moulins et « huisine au vent » de Braine-le-Comte

Parmi nos ancêtres, à Ronquières, nous trouvons François Tamineau, vers 1600, et surtout Denis (1595-1662), qui exploite le moulin à eau, au centre de Ronquières.

Denis Tamineau ne se contente d’ailleurs pas d’un seul moulin : il prend en location le moulin à vent de Braine-le-Comte en 1651. Ce moulin était situé le long du chemin d’Ecaussinnes, à un endroit formant carrefour avec la chaussée de Mons (à la sortie de Braine-le-Comte, en allant vers Soignies). Ce moulin a été aussi appelé « Moulin Saint-Roch ». En même temps, il reprend le moulin à eau situé à l’intérieur de la ville de Braine-le-Comte. Ces deux moulins appartenaient au Comte du Hainaut et étaient complémentaires par l’usage de deux énergies différentes.

Dire que Denis Tamineau a occupé le moulin banal de Ronquières ne veut pas dire qu’il en était propriétaire ; les moulins appartenaient aux Seigneurs, qui en en tiraient de substantiels revenus. Ainsi, le moulin en question s’est appelé « Moulin de Cambron », car il appartenait à l’abbaye de Cambron Saint-Vincent, dont l’abbé était « seigneur » de Ronquières. Il devint ensuite « Moulin d’Arenberg » lorsqu’il fut possession de la grande famille des ducs d’Arenberg du début du 17e siècle jusqu’en 1916. Plus récemment, il a été connu comme « Moulin Bosschaert », du nom d’un marchand de grains des années cinquante.

Ces moulins étaient soumis à la disposition de banalité : les Seigneurs proclamaient l’obligation faite aux manants de moudre à leur seul moulin (dans les limites toutefois de la possibilité matérielle de donner satisfaction dans un temps donné aux clients). Cette situation de monopole était évidemment de nature à garantir les revenus non seulement du Seigneur, mais encore de son meunier, qui est toujours un personnage important dans le paysage local.

Le propriétaire et le meunier prenaient un risque financier important. Le premier, qui faisait construire ou entretenir le moulin, ce qui représentait un investissement énorme ; le second, qui souscrivait au bail, car l’outil qu’on lui confiait coûte très cher, et sa responsabilité était engagée : une fausse manœuvre quand le vent souffle en tempête peut briser les ailes, voire renverser le moulin ; ou alors, il y a la surveillance des prises d’eau, des vannes, des berges du vivier ou de la rivière ; soin et entretien des meules, de l’équipement, etc.

En échange, l’obligation de la banalité offre une sécurité des rentrées. Cependant, cette situation de monopole peut aussi ouvrir une large porte à l’arbitraire… Ce qui explique sans doute la succession de procès que les archives d’Arenberg conservent pour la seconde moitié du 17e siècle.

Le moulin de Ronquières

Ses origines remontent au 12e siècle, époque à laquelle l’abbaye de Saint-Ghislain étend ses activités. Le moulin est un élément important dans l’économie des grands domaines abbatiaux. L’emplacement de celui de Ronquières permit d’éviter bon nombre des aménagements habituellement requis tels que barrage, étang de retenue, canaux de dérivation, ponts, etc. En effet, pour amener toutes les eaux au moulin, il suffit de barrer le bras oriental de la Samme. L’île entre les deux confluents de la Samme et de la Marche fut ainsi supprimée, ce qui permettait d’une part une alimentation en eau suffisamment importante pour ne pas nécessiter la création d’un étang de retenue et d’autre part un accès aisé au moulin (*4).

En 1182, l’abbaye de Saint-Ghislain « céda » à l’abbaye de Cambron tout ce qu’elle possédait à Ronquières, y compris le moulin et les terrains y attenant. Le cartulaire de Cambron de 1182 est la première trace écrite de l’existence du moulin, dont on situe la première construction (sans doute à son emplacement actuel, à une centaine de mètres de l’église) vers 1177.


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Au 13e siècle, le Seigneur d’Enghien fit bâtir un second moulin non loin de là, au lieu-dit « Pîdeau » (Pied d’eau), pour contrer l’emprise alors trop forte de Cambron sur le centre du village de Ronquières. En 1246, a lieu une reconstruction du moulin de Cambron.

Ces deux moulins resteront en concurrence jusqu’au 30 novembre 1411, date à laquelle le Seigneur d’Enghien, Pierre de Luxembourg, achète le moulin et les dépendances de l’abbaye de Cambron alors en difficulté. En possession de deux moulins peu éloignés l’un de l’autre, il fit arrêter toute activité à Pîdeau dont il n’entretiendra plus que le pont qui enjambait la Sennette.

Au 15e siècle, le moulin de Ronquières devait revêtir une importance toute particulière pour le Seigneur d’Enghien puisque celui-ci s’y réservait un « pied-à-terre » composé d’une cuisine, d’une chambre et d’une étable. À la même époque, il fit construire et entretenir une prison ou « Gayolle », tour carrée qui flanquait le moulin. Elle fut détruite en 1950 lors de l’élargissement de la route de Braine-le-Comte à Nivelles.

Vers 1530, pendant les guerres qui opposèrent Charles-Quint à François 1er, Marie de Luxembourg fit « rebâtir le moulin de fond en comble en forme de château » afin que ses revenus ne soient pas séquestrés. Nous ne connaissons pas l’ampleur des transformations qui furent apportées ; une étude approfondie des fondations pourrait apporter de précieux renseignements à ce sujet. Le moulin tel que nous le connaissons encore actuellement date donc du 16e siècle ; il est un des plus vieux et des mieux conservés de toute la province du Hainaut. C’est lui que François et Denis Tamineau ont connu.


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Le soubassement très saillant en moellons de pierre bleue porte deux niveaux en briques avec chaînages partiels en pierre bleue. Fenêtres à croisée, seuil et linteau en pierre bleue. Celles de l’étage sont surmontées d’un arc de décharge haut placé. Au rez-de-chaussée, les trois fenêtres sont placées de façon dissymétrique autour du porche d’entrée. À gauche de celui-ci, une fenêtre de dimensions très réduites. Une des trois fenêtres du rez-de-chaussée est murée. La porte, cintrée, est surmontée d’une petite niche ogivale.

Vendu au début du 17e siècle à la famille d’Arenberg, il restera en sa possession jusqu’en 1916. Le moulin continua ses activités jusqu’en 1950, notamment avec le meunier Delmeire.

Jean-François Meurs

(*) Notes :
  1. Annales de la Société Archéologique & Folklorique de Nivelles & du Brabant Wallon, Tome XVIII, p. 205 et suivantes.
  2. « De gueules » signifie rouge, les « fasces » sont des bandeaux, ici en or ; « sable » indique le noir.
  3. La majeure partie des renseignements contenus dans cet article sont empruntés à la « Revue du Cercle d’Histoire, d’Archéologie et de Folklore de Braine-le-Comte », n° 11, parue à l’occasion de l’exposition « Moulins en Hainaut », du 5 au 13 mars 1988.
  4. Le texte de cette seconde partie au sujet du moulin de Ronquières reprend presque textuellement celui de Mr D. Watteyne aux pages 44-45 de la « Revue du Cercle d’Histoire… de Braine-le-Comte ».
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